Les envies de sucre après l'arrêt de l'alcool peuvent surprendre. Vous passez la soirée sans boire, puis ressentez une forte envie de chocolat, de biscuits ou de dessert. Vous pouvez alors vous demander si cela arrive à d'autres personnes et s'il faut changer immédiatement votre alimentation.

Certaines études menées au début du rétablissement décrivent une augmentation des envies de sucré. Elles ne montrent pas que tout le monde en a, n'établissent pas une cause commune et ne donnent pas de calendrier précis. Pour commencer, observez quand l'envie apparaît, si vous avez mangé et ce qui se passait auparavant à cette heure-là.

À retenir

  • Certaines personnes ont plus souvent envie de sucré après l'arrêt de l'alcool ; d'autres ne remarquent aucun changement.
  • Les études ne permettent pas de prévoir combien de temps ces envies dureront pour vous.
  • Les sucreries ne sont pas un traitement validé des envies d'alcool ni du sevrage.
  • Pour commencer, vous pouvez manger à heures régulières et prévoir ce que vous ferez le soir.
  • Demandez une aide personnalisée si votre alimentation vous fait souffrir ou nécessite un suivi médical.

Ce que montrent les études sur les envies de sucre après l'arrêt de l'alcool

Dans une étude portant sur 35 personnes hospitalisées pour un trouble sévère de l'usage de l'alcool, 14 ont signalé une augmentation des envies de sucre au début de l'abstinence, tandis que les 21 autres n'ont pas signalé d'augmentation. Les envies d'alcool ont diminué dans les deux groupes (Alarcon et al., 2021).

Une envie de sucré ne permet pas de mesurer votre envie d'alcool. Ne pas en avoir ne signifie pas non plus que votre rétablissement est inhabituel. L'étude était petite et concernait des personnes soignées à l'hôpital. Ces chiffres ne permettent donc pas de savoir à quel point les envies de sucre sont fréquentes chez l'ensemble des personnes qui arrêtent de boire chez elles.

Une autre petite étude a suivi 26 personnes dans un programme de soins pour un trouble de l'usage de l'alcool pendant quatre semaines. La consommation de sucre et les envies de sucré ont augmenté. Le fait de manger sucré pour faire face aux difficultés était associé à des envies de sucré par la suite (Braun et al., 2021).

Ces études montrent que certaines personnes ont davantage envie de sucré après l'arrêt de l'alcool. Elles ne montrent pas qu'un dessert provoque une rechute ou qu'une addiction en a remplacé une autre. Elles ne peuvent pas non plus expliquer votre envie de ce soir. Vous avez peut-être faim, mangez par habitude, cherchez à vous faire plaisir ou traversez un moment difficile. Plusieurs de ces raisons peuvent se combiner.

Pourquoi vous pouvez avoir plus souvent envie de sucré

Commencez par repenser à votre journée. Les questions ci-dessous peuvent vous aider à comprendre quand et pourquoi vous cherchez du sucré. Elles ne permettent pas de savoir si un problème médical est en cause.

Vous avez peut-être faim en fin de journée

Regardez ce que vous avez mangé avant l'envie. Avez-vous sauté le déjeuner, repoussé le dîner ou passé l'après-midi à faire des courses sans rien manger ? Si oui, commencez par manger quelque chose. Une forte envie de sucré après un repas sauté ne signifie pas, à elle seule, que quelque chose va mal.

Par exemple, vous rentrez à dix-neuf heures, décidez de ne pas boire et mangez des biscuits en cherchant quoi cuisiner. Essayez de prévoir un dîner facile à réchauffer ou de prendre une collation pendant sa préparation. Vous pouvez toujours choisir un dessert ensuite. Prévoir le dîner vous évite de devoir décider quoi manger quand vous avez déjà faim.

Prévoyez une autre activité à l'heure où vous buviez

Si vous preniez un verre après le travail, ce moment de la journée doit maintenant se dérouler autrement. Un dessert peut être agréable et pratique, et vous pouvez facilement prendre l'habitude d'en manger chaque soir. Observez si vous voulez un aliment précis ou surtout un moment plaisant pour marquer la fin du travail.

Vous pouvez garder un aliment sucré que vous aimez et ajouter une activité : cuisiner avec quelqu'un, choisir un épisode de série à regarder, appeler un proche ou faire une promenade à proximité. Choisissez selon vos possibilités et vos envies. Vous n'avez pas à profiter de chaque soirée pour chercher à vous améliorer.

Manger peut vous aider à traverser une soirée difficile

Demandez-vous ce qui s'est passé avant de chercher du sucré. Y a-t-il eu une dispute, de l'ennui, un moment de solitude ou une forte envie de boire ? Manger peut vous aider à passer ce moment, mais vous aurez peut-être aussi besoin de vous occuper de ce qui vous préoccupe.

Essayez de nommer ce dont vous avez besoin. "J'ai envie de compagnie" appelle une autre réponse que "Je n'ai pas mangé depuis midi." Si vous avez aussi envie d'alcool, utilisez le plan pour gérer les envies d'alcool en complément de ce que vous choisissez de manger. Un repas ou une collation peut calmer la faim, sans supprimer le besoin de compagnie ou de soutien pour éviter de boire.

Le sucre aide-t-il à gérer les envies d'alcool ?

Des chercheurs ont testé le conseil courant de manger sucré lorsqu'on a envie de boire, avec des résultats mitigés. Dans un essai, 150 personnes ayant une consommation à risque ont été réparties au hasard entre trois options : manger des sucreries, manger un aliment au goût neutre ou regarder une vidéo, après avoir été confrontées à quelque chose qui leur rappelait l'alcool. Les sucreries n'ont pas mieux réduit les envies d'alcool à court terme que les autres options (Cummings et al., 2020).

Un essai plus récent a comparé le glucose, un type de sucre, à un placebo chez 80 personnes ayant un trouble de l'usage de l'alcool. Chaque personne a reçu les deux à des moments différents. Les chercheurs ont regroupé les participants selon le temps nécessaire pour que leur taux d'insuline atteigne son maximum après le glucose. Par rapport au placebo, les envies d'alcool étaient plus faibles avec le glucose dans un groupe, plus fortes dans un autre et ne différaient pas dans un troisième (Wetzel et al., 2025).

Les deux études portaient sur des personnes différentes et ne testaient pas la même chose. Boire du glucose en laboratoire est aussi différent de prendre une collation le soir. Ces résultats ne montrent pas que les sucreries aident de manière fiable à éviter l'alcool. Une collation peut vous sembler utile sans qu'une autre personne ressente le même effet.

Si une collation vous aide à traverser une soirée, elle peut vous être utile sans que le sucre soit un médicament. Continuez aussi à vous appuyer sur les autres formes de soutien que vous avez prévues. Si l'envie d'alcool reste forte, contactez une personne de confiance ou un professionnel, plutôt que de manger toujours plus de sucreries en attendant que l'envie disparaisse.

Combien de temps les envies de sucré durent-elles ?

Il n'existe pas de réponse fiable telle que dix jours, un mois ou la fin d'une phase précise du rétablissement. Les études décrivent des groupes suivis pendant une période limitée. Elles ne permettent pas de prévoir combien de temps ces envies dureront pour vous. Ne vous fixez pas non plus de délai à partir du récit d'une autre personne en ligne.

Observez plutôt les changements concrets du quotidien. Mangez-vous plus régulièrement ? Les soirées sont-elles plus faciles à organiser ? Pouvez-vous apprécier un aliment sucré sans vous en inquiéter le reste de la journée ? L'envie devient-elle moins gênante, même si vous la remarquez encore ?

Prendre quelques notes peut vous aider, tant que cela ne devient pas une tâche exigeante de plus. Notez l'heure, votre dernier repas, si vous aviez aussi envie d'alcool et ce que vous avez fait ensuite. Vous n'avez pas à compter chaque gramme de sucre ni à vous peser pour répondre à ces questions.

Après quelques jours, choisissez une situation qui se répète. Si vous avez régulièrement faim en fin d'après-midi, prévoyez une collation avant de rentrer chez vous. Si vous avez déjà mangé mais que l'après-dîner reste difficile, décidez de ce que vous ferez à ce moment-là. Essayez ce changement et voyez s'il vous aide avant d'ajouter d'autres règles.

Un plan concret pour les repas et les soirées

Commencez par quelque chose d'assez simple pour une journée ordinaire bien remplie. Organiser vos repas dans les moindres détails peut attendre si votre priorité immédiate est de travailler, d'aller à vos rendez-vous de soins ou de prendre de nouvelles habitudes sans alcool.

  • Décidez du prochain repas. Choisissez des aliments faciles à trouver et à préparer, en fonction du temps et du budget dont vous disposez.
  • Gardez une collation à disposition. Prenez quelque chose que vous aimez et pouvez emporter si le repas est retardé.
  • Gardez des aliments que vous aimez. Vous n'avez pas à vous priver d'autres aliments pour mériter un dessert.
  • Prévoyez quoi faire à l'heure où vous buviez. Décidez où vous serez, ce que vous ferez et qui contacter si vous avez envie de boire.
  • Occupez-vous d'un problème à la fois. Commencez par prévoir du temps pour déjeuner ou organiser votre soirée avant d'ajouter des règles alimentaires.

Une soirée pourrait par exemple se dérouler ainsi : réchauffer le dîner en rentrant, prendre le dessert choisi, puis appeler un proche avant l'heure où vous sortiez acheter de l'alcool. Elle peut aussi inclure un moment calme en solo si vous le préférez. L'essentiel est de prévoir des actions réalisables.

Si un changement de poids vous inquiète, le guide sur l'alcool et la prise de poids explique pourquoi votre poids n'évolue pas forcément comme vous l'espériez. Ne jugez pas votre réussite à éviter l'alcool aujourd'hui d'après l'évolution de votre poids.

Quand demander davantage de soutien pour l'alimentation ?

Demandez des conseils personnalisés si vous avez régulièrement l'impression de ne plus pouvoir arrêter de manger, compensez en sautant des repas, avez très honte de votre façon de manger ou pensez à la nourriture une grande partie de la journée. Vous n'avez pas à trouver un nom précis au problème avant d'en parler à un professionnel de santé ou à un diététicien.

Décrivez ce qui se passe plutôt que de dire seulement que vous êtes "accro au sucre". Expliquez quand vous mangez, ce qui semble difficile à contrôler, si vous avez aussi envie d'alcool et ce que vous faites ensuite. Mentionnez tout antécédent de trouble alimentaire pour éviter des conseils qui vous pousseraient involontairement à restreindre davantage votre alimentation ou à surveiller de façon compulsive ce que vous mangez.

Si vous avez un diabète ou une autre maladie nécessitant un plan alimentaire prescrit, continuez à le suivre et demandez à votre soignant comment l'adapter pendant le rétablissement. Ne déduisez pas un trouble de la glycémie d'une seule envie de sucré, et ne testez pas l'effet de grandes quantités de sucre sur vous-même en vous fondant sur une étude menée auprès d'un autre groupe.

Les sucreries ne traitent pas le sevrage alcoolique

Si une dépendance physique à l'alcool est possible dans votre cas, demandez un avis médical avant d'arrêter brutalement. Une confusion importante, des hallucinations ou une crise convulsive après une réduction ou un arrêt nécessitent des soins d'urgence (NHS, 2026). Manger des aliments sucrés ne permet pas de gérer seul cette situation sans danger.

Le guide pour arrêter l'alcool en toute sécurité peut vous aider à préparer cette discussion. Cet avertissement concerne une possible dépendance et le sevrage, pas chaque envie ordinaire de dessert après l'arrêt de l'alcool.

Si vous vous sentez bien mais avez envie de sucré, posez-vous quelques questions : avez-vous mangé, qu'est-ce qui vous ferait plaisir et avez-vous aussi besoin d'aide pour éviter l'alcool ? Vous avez peut-être besoin d'un repas, d'une gourmandise, de compagnie ou d'aide pour ne pas boire. Vous pouvez répondre à ces besoins sans changer toute votre alimentation d'un coup.