Le traitement du trouble lié à l'usage d'alcool peut avoir lieu dans un cabinet médical, auprès d'un thérapeute, en ambulatoire, dans un établissement résidentiel, au sein d'un groupe d'entraide ou dans plusieurs de ces cadres à la fois. Le mot traitement recouvre donc différents services.

Vous pouvez demander de l'aide pour viser l'abstinence, réduire les risques ou simplement déterminer quel changement vous convient. Un bon point de départ consiste à évaluer votre consommation, votre santé, votre sécurité, vos objectifs et votre quotidien.

Si vous êtes susceptible d'être physiquement dépendant de l'alcool, demandez un avis médical avant un arrêt brutal. Le guide de sécurité pour arrêter l'alcool présente les signes d'alerte et les recours possibles sans transformer chaque consommation en urgence médicale.

À retenir

  • Le traitement de l'alcool peut être médical, psychologique, ambulatoire, résidentiel ou fondé sur l'entraide
  • Beaucoup de personnes commencent par consulter un médecin généraliste ou recevoir des soins ambulatoires, sans séjour en établissement
  • Médicaments, thérapie et groupes d'entraide peuvent être utilisés seuls ou ensemble
  • L'intensité dépend de la sécurité, de la santé, de la stabilité, de l'accès, des préférences et de la réponse aux tentatives précédentes
  • Un service sérieux explique ses méthodes, les qualifications, les coûts, la confidentialité et le suivi

Commencer par une évaluation

Une évaluation de la consommation d'alcool rassemble les informations qui orientent les décisions de traitement. Elle peut porter sur :

  • la fréquence et la quantité d'alcool consommée
  • la perte de contrôle, les envies et les conséquences
  • les antécédents de symptômes de sevrage ou de crises convulsives
  • la santé physique, la santé mentale, le sommeil et les traitements en cours
  • les autres substances, y compris les opioïdes
  • le logement, le travail, les proches à charge, le transport, la confidentialité et le coût
  • les précédentes tentatives ou prises en charge
  • votre objectif actuel et la place que vous souhaitez prendre dans les décisions

Elle peut être menée par un médecin généraliste, un spécialiste en addictologie, un thérapeute ou un service spécialisé. Elle doit déboucher sur des étapes claires et permettre de repérer les besoins qui nécessitent un autre niveau de soins, comme un sevrage sous surveillance médicale ou une aide urgente en santé mentale.

Une revue systématique a montré que de nombreuses personnes suivies pour un trouble lié à une substance souhaitaient participer aux décisions, mais les études ne concordaient pas sur l'effet de la prise en compte de leurs préférences sur l'issue du traitement (Friedrichs et al., 2016). Dans une étude auprès de 242 patients présentant un trouble lié à l'alcool, 90 % préféraient un rôle actif ou partagé (Friedrichs et al., 2018). Présentez vos priorités pendant l'évaluation afin que le professionnel puisse en tenir compte directement.

Médecine générale et soins ambulatoires

La médecine générale peut assurer le dépistage, l'évaluation médicale, certains traitements, les orientations et le suivi. Certains médecins prennent directement en charge le trouble lié à l'alcool. D'autres travaillent avec un addictologue, un thérapeute, un pharmacien ou un service communautaire.

En ambulatoire, vous vivez chez vous et vous rendez à des consultations planifiées. Le rythme va d'un suivi médical ponctuel à plusieurs séances par semaine. La télésanté peut limiter les déplacements lorsque ce mode de consultation est autorisé et adapté à votre situation.

Une méta-analyse de 32 études en population générale estimait qu'environ 17 % des personnes présentant un trouble lié à l'alcool recevaient une forme de traitement (Mekonen et al., 2021). Une revue de 2023 a relevé le coût, l'attente, les déplacements, les horaires, la confidentialité, la complexité du parcours et le manque de prise en charge conjointe de la santé mentale parmi les obstacles récurrents (Wolfe et al., 2023). Nommer l'obstacle peut aider à cibler les options que vous pourriez réellement utiliser.

Programmes ambulatoires intensifs et hôpitaux de jour

Un programme ambulatoire intensif apporte davantage de structure tout en permettant de continuer à vivre chez soi. Il peut associer plusieurs séances par semaine, une thérapie individuelle et de groupe, un suivi médical, des tests de dépistage de drogues ou d'alcool, un travail avec la famille et une coordination avec les services de santé mentale.

Un hôpital de jour propose généralement davantage d'heures de prise en charge et peut assurer une surveillance clinique plus étroite. Les appellations et les niveaux de soins varient selon les pays et les établissements. Demandez les horaires hebdomadaires réels et quels professionnels sont présents.

Ce niveau de soins peut convenir lorsque des rendez-vous hebdomadaires ne suffisent pas, que les responsabilités quotidiennes rendent un séjour en établissement difficile ou qu'une personne vient de terminer une prise en charge plus intensive. Son adéquation dépend aussi de la stabilité médicale, de la sécurité du domicile, des possibilités de transport et de la capacité à participer régulièrement.

Séjour résidentiel et hospitalisation

Le traitement résidentiel propose un cadre de vie structuré. L'hospitalisation offre des soins médicaux et peut être indiquée pour un sevrage à risque, une complication physique, une urgence psychiatrique ou un autre besoin de sécurité.

Les données disponibles ne montrent pas qu'un séjour en établissement soit systématiquement préférable pour tout le monde. Une revue des essais randomisés a trouvé des résultats globalement comparables entre prise en charge hospitalière et ambulatoire, tout en reconnaissant l'utilité de l'hospitalisation ou d'un séjour en établissement pour certaines personnes ayant besoin d'un sevrage supervisé, d'un temps de répit ou d'un soutien intensif (Mattick et Jarvis, 1994).

Avant l'admission, demandez à quoi ressemble une journée ordinaire, qui assure les soins médicaux, comment sont gérées les urgences, comment sont prises les décisions concernant les médicaments, quels contacts avec la famille sont autorisés et quel suivi est préparé avant la sortie. Un mois dans un cadre protégé a une utilité limitée si rien n'est prévu après la sortie.

Médicaments contre le trouble lié à l'alcool

Les médicaments peuvent aider à réduire la consommation, à atténuer l'effet gratifiant de l'alcool ou à maintenir l'abstinence. Les principales options comprennent la naltrexone, l'acamprosate et le disulfirame, selon le pays.

Une revue de 2023 portant sur 118 études a relevé un niveau de preuve modéré en faveur de la naltrexone orale pour plusieurs critères liés à la consommation, ainsi que de l'acamprosate pour prévenir la reprise de la consommation d'alcool. La plupart des essais incluaient aussi un accompagnement. La revue souligne également l'importance des objectifs personnels et du profil d'effets secondaires dans le choix du traitement (McPheeters et al., 2023).

Ces médicaments diffèrent de ceux utilisés pendant un sevrage aigu. Le guide sur les médicaments contre l'alcoolodépendance présente leur rôle et les questions à poser au prescripteur.

Thérapie et traitement comportemental

La thérapie peut aider à travailler sur la motivation, les habitudes de consommation, les pensées, les réactions émotionnelles, les relations, les stratégies d'adaptation et les compétences pratiques utilisées entre les séances. Les approches courantes comprennent la thérapie cognitivo-comportementale, l'entretien motivationnel, la thérapie de renforcement motivationnel, la thérapie comportementale de couple et le travail structuré de prévention de la rechute.

Une méta-analyse en réseau de 19 essais menés auprès de 7 149 adultes a classé en tête, pour la réduction du score AUDIT, une intervention en présentiel combinant plusieurs séances d'entretien motivationnel et de thérapie cognitivo-comportementale. La certitude restait faible pour la plupart des comparaisons (Tan et al., 2023). Ce résultat fait de cette combinaison une option utile, mais le faible niveau de certitude laisse aussi une place aux autres approches.

Le guide sur la thérapie du trouble lié à l'alcool explique les différentes approches et le déroulement des séances.

Groupes d'entraide

Les groupes mettent en contact des personnes qui travaillent sur des changements similaires. Le programme des Alcooliques anonymes repose sur les Douze Étapes. SMART Recovery propose un programme laïque fondé sur l'autogestion et des outils cognitivo-comportementaux. LifeRing et Women for Sobriety offrent d'autres approches, et des groupes locaux peuvent proposer un soutien adapté à certaines cultures.

Une revue Cochrane a conclu que la facilitation structurée des Douze Étapes assurée par des professionnels et la participation aux réunions des AA favorisaient souvent davantage une abstinence continue que d'autres traitements établis, avec des résultats plus variables sur d'autres critères (Kelly et al., 2020). Les données comparatives directes concernant les groupes plus récents restent plus limitées.

Les réunions peuvent compléter les soins cliniques. Elles ne fournissent ni soins médicaux d'urgence ni prescription individualisée. La comparaison entre AA, SMART Recovery et les autres groupes présente en détail les formats, les philosophies, les données disponibles et les points à examiner pour trouver le groupe qui vous convient.

Les objectifs peuvent varier

Certains services exigent l'abstinence. D'autres accompagnent une réduction de la consommation, une démarche de réduction des risques ou un objectif progressif. Votre situation médicale peut conduire à une recommandation d'abstinence, et votre propre objectif peut évoluer.

Une revue de 22 études n'a pas mis en évidence de supériorité globale claire des approches orientées vers l'abstinence par rapport aux approches de consommation contrôlée dans les essais randomisés. Les résultats indiquaient qu'il pouvait être important d'adapter le traitement à l'objectif de chaque personne, mais les études présentaient des limites méthodologiques (Henssler et al., 2021).

Demandez comment le service tient compte de votre objectif actuel, mesure vos progrès et détermine quand revoir le plan. Le traitement doit quand même tenir compte de la sécurité et des dommages liés à l'alcool, quels que soient les objectifs.

Évaluer un professionnel ou un programme

Posez des questions directes :

  1. Qui réalise l'évaluation et quelles sont ses qualifications ?
  2. Quelles méthodes sont utilisées et sur quelles données reposent-elles ?
  3. Le service peut-il prescrire ou coordonner un traitement médicamenteux ?
  4. La santé physique et la santé mentale sont-elles évaluées ensemble ?
  5. Que se passe-t-il si des symptômes de sevrage ou une autre urgence apparaissent ?
  6. Quel est le coût total, suivi et médicaments compris ?
  7. Comment la confidentialité est-elle protégée ?
  8. Quel suivi est prévu après le programme initial ?

Méfiez-vous des garanties de résultat, de la pression pour payer immédiatement, des méthodes vagues et des services incapables d'expliquer les qualifications ou les procédures d'urgence.

Choisir la prochaine étape utile

La prochaine étape peut être un rendez-vous médical, une évaluation en addictologie, un premier rendez-vous avec un thérapeute, une réunion d'entraide ou un appel pour comparer des programmes. Le guide pour parler de votre consommation d'alcool à un médecin aide à préparer les informations et les questions d'une consultation médicale.

Notez l'action à entreprendre, la personne ou le service à contacter, ainsi que la date. Si la première option est inaccessible, demandez vers quelle autre solution vous tourner et poursuivez vos démarches.